Toutes les grandes métropoles étudiées affichent de grands objectifs économiques pour demain. Elles sont engagées dans la course à l’innovation pour compenser les coûts élevés de fonctionnement inhérents à toute grande agglomération, consentent un effort important d’investissement dans les infrastructures de transport et entretiennent des ambitions fortes de modernisation de leur ville-centre, à laquelle un rôle historique, médiatique et économique majeur est imparti.
- Le « Grand Londres » prend clairement parti pour un renouvellement urbain ambitieux des zones centrales et est de la ville centre (London Plan), associé à une modernisation des infrastructures de transport en commun. Il s’appuie sur la puissance de son cluster financier et sur la formidable accélération donnée par la préparation des futurs Jeux Olympiques.
- « Tokyo TMG » conforte l’hypercentre de la mégalopole dans ses fonctions stratégiques de commandement, en le densifiant encore, tout en le relayant par des infrastructures puissantes à des pôles urbains périphériques à vocation différenciée. Quatre secteurs d’activités ont été identifiés comme prioritaires (les sciences de la vie, nanotechnologie et matériaux, informatique et télécommunications, environnement) et sont affectés à sept pôles géographiques.
- La région de la baie de San Francisco parie encore et toujours sur l’innovation, en élargissant ses domaines d’excellence premiers (technologies liées à Internet) aux biotechnologies, aux médias numériques et aux cleantechs. La stratégie de développement est partagée entre la ville-centre, l’Etat de Californie et les acteurs locaux privés (programme « Mission Bay » dans la ville de San Francisco).
- Le « Grand New York » s’appuie sur plusieurs axes pour attirer et maintenir les entreprises et les emplois : la revitalisation de New York City (en particulier le projet Lower Manhattan) une initiative sectorielle ambitieuse autour des biosciences, et un appui transversal aux PME à travers la politique des Small Business Services.
Face à ces stratégies de métropoles à priori comparables, donc concurrentes, et qui pratiquent un marketing territorial sans équivoque (par exemple le « California wants your business ! »), l’ambition économique de Paris et de l’Ile-de-France, telle qu’elle transparaît dans les documents d’urbanisme locaux et régionaux n’apparaît pas aussi affirmée :
- Au plan municipal, des programmes ont été lancés en faveur du développement économique, en particulier dans les domaines de l’innovation (Paris technopole) et de l’aménagement de grands pôles économiques (Paris Rive Gauche, Paris Nord Est…). Toutefois, si les occasions d’exprimer de fortes ambitions économiques pour la capitale n’ont pas manqué avec le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), le Plan Local d’Urbanisme (PLU) et plus récemment le projet de Plan des Déplacements de Paris (PDP), force est de constater qu’elles n’y sont pas assez présentes.
- Au plan régional, certes le SRDE de 2006 traçait des secteurs d’activités prioritaires et des pôles de compétitivité, mais plus récemment le projet de SDRIF de 2007 n’accorde pas au développement économique la forte priorité pourtant nécessaire, et introduit même de multiples obstacles à la croissance qui ont poussé la CRCI et les CCI de la région Paris-Ile de France à émettre à son encontre un avis défavorable.