Limites administratives de la région Ile de France (1) |
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Et espaces métropolitains perçus (2) |
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Structurée autour de la capitale, la région Paris-Ile de France couvre 12 012 km² (dont 49% de terres agricoles) et accueille 11,4 millions d’habitants, soit une densité moyenne inférieure à 950 habitants au km². Toutefois la population est très concentrée à Paris et en première couronne. L'agglomération de Paris s'est largement développée hors des limites de la commune de Paris. Elle est, avec celles de Moscou et de Londres, l'une des trois plus peuplées d'Europe.
La population francilienne se caractérise notamment par un important taux de natalité, par sa jeunesse, et par sa diversité. Fruit des migrations de province puis de l’arrivée de populations étrangères, l’Île-de-France reste la région française à plus fort solde migratoire depuis les années 1930.
La région Paris-Ile de France est forte de la diversité de son tissu économique, elle concentre des activités à haute valeur ajoutée, les principaux centres de décision, sièges sociaux d’entreprises et les principales administrations publiques. Elle compte 5.4 millions d’emplois, dont 3.9 millions salariés.
Il s’agit d’une région dont le degré d’internationalisation, notable pour le tourisme ainsi que pour les activités économiques, n’atteint pas celui de Londres, de San Francisco ou de New York.
Paris-Ile de France accuse une croissance moins forte que celles d’autres grandes métropoles (Londres, Randstat, Bruxelles), et affronte l’émergence de nouveaux concurrents (Chine, Inde, Brésil). De plus, la région devrait subir une contraction à venir de ses ressorts économiques, liée au « papy boom ». Ainsi, 1 salarié sur 4 devrait partir à la retraite d’ici 2015, tandis que le nombre d’entreprises devant changer de mains est destiné à s’accroitre considérablement.
La situation économique de la région s’est améliorée depuis 2006. L’activité est soutenue dans le tourisme et les secteurs des services. Le niveau des créations d’entreprises reste toujours élevé. Le marché de l’emploi connaît une embellie: le nombre d’emplois salariés progresse légèrement et le taux de chômage diminue (8% national, 7.5% dans la région et 8.3% à Paris).
En termes de structure économique, le secteur des services aux entreprises (conseil, assistance, finances, immobilier) occupe une place prépondérante, ainsi que le tourisme et le commerce. La part de l’industrie diminue, en termes d’emploi et de valeur ajoutée, mais la région y garde un potentiel significatif dans certains secteurs comme l’édition, l’automobile, l’aéronautique et la pharmacie.
L’un des principales faiblesses de la région Paris-Ile de France – partagée avec bien d’autres régions françaises - provient de l’insuffisance, au regard de ses potentialités scientifiques et industrielles, de la coopération existant entre : la recherche universitaire et les entreprises, la recherche publique et la recherche privée, et entre les PME et les grandes entreprises.
De même, le volume des investissements en capitaux d’amorçage, en capital risque et en développement des entreprises, est dix à quinze fois inférieur à ceux de Londres, New York ou San Francisco.
D’après l’ADIT, les enjeux pour la région Paris-Ile de France sont donc (3) : |
Si dans l’ensemble la qualité des infrastructures de transport en commun est jugée correcte pour les déplacements d’affaires, l’enjeu majeur est celui de l’amélioration de la liaison de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle avec le centre ville, de la réduction de l’engorgement de certains axes et de la faiblesse du réseau de rocades autour de Paris, dont l’aménagement a été différée ces dernières années. L’amélioration des réseaux de transport, ferroviaires et autoroutiers, est une priorité, incluant leurs connexions avec les grands réseaux d’échanges européens ferroviaires, aériens, et routiers.
La politique de l’Etat à l’égard de la région Paris-Ile de France a évolué au cours des dix dernières années. Alors que la politique traditionnelle d’aménagement du territoire tendait à opposer Paris et le « désert français », les défis nouveaux de la globalisation et de la concurrence internationale font qu’il est maintenant considéré que la croissance de Paris ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble du pays. La métropole parisienne est en concurrence avec d’autres métropoles internationales et constitue plutôt un moteur d’entraînement des autres régions françaises. C’est dans ce contexte qu’un vaste programme de revitalisation du quartier de la Défense a été par exemple décidé.
La région Paris-Ile de France coordonne sur son territoire les actions de développement économique des collectivités territoriales et de leurs groupements, au travers de documents comme le Schéma Régional de Développement Economique (5).
L’engagement de la région Paris-Ile de France pour l’innovation (6) s’est traduit dans ce schéma. L’Ile de France a ainsi fait le choix de concentrer son action d’aide au développement économique sur huit secteurs prioritaires, à fort potentiel de créations d’emplois et de richesse :
| - filières optique - sciences de la vie - transports et mobilité - industrie de la création - éco-industrie - services à la personne - services financiers - tourisme |
D’autres filières, qui concourent à développer l’économie locale, et à fort potentiel d’emplois, bénéficient d’un soutien transversal. Outre ces secteurs prioritaires, l’effort accru pour l’innovation et la recherche, trouve sa traduction dans la mise en place de pôles de compétitivité, validés par l’Etat, ainsi que dans la promotion du développement international des entreprises. Le territoire parisien est ainsi couvert par :
- trois pôles mondiaux : « Médicen » (hautes technologies pour la santé, les nouveaux médicaments et les nouvelles thérapies), « SYSTEM@TIC » (maîtrise des technologies clés en optique, électronique, logiciel et des systèmes complexes) et « Finances Innovation » (projets industriels dans les métiers - banque, assurance, gestion, service aux institutions financières…) ;
- deux pôles à vocation mondiale : Cap Digital Technologies pour les contenus numériques, et MOV’EO automobile transports collectifs.
Citons également les pôles « ville et mobilité durable », « ASTech Paris-Région » (aérospatial, aviation d’affaires, transport spatial et propulsion), dont les domaines intéressent fortement la capitale même si les périmètres des pôles n’incluent pas les entreprises du territoire parisien.
Cette politique est une réelle avancée pour le développement économique de Paris intra-muros, comme pour le Grand Paris et la région Paris-Ile de France, et, au-delà de la définition des pôles, la mise en œuvre de programmes de soutien aux entreprises est désormais un enjeu fondamental pour l’avenir de ces filières.



Le Schéma Directeur de la Région Ile de France est, quant à lui, le document de planification global, qui dessine le visage de la région pour les 25 prochaines années. De ce schéma dépendra la réalisation de nouvelles infrastructures et d’équipements (autoroutes, transports en commun, développement de zones d’activité économique, construction de bureaux et de logements…). Considérant que le projet de SDRIF ne prenait pas suffisamment en compte les priorités stratégiques de développement économique, l’ensemble des CCI de Paris-Ile de France a émis un avis défavorable, essentiellement en raison des insuffisances du projet dans les cinq domaines suivants (7) :
Outre l’Etat et la région, les départements et les villes conduisent également des politiques de développement économique.
La Ville de Paris, avec son double statut de ville et de département, a en particulier amorcé des politiques actives dans le domaine de l’innovation et du développement technologique. « Paris Ville Numérique » et «Paris technopole » consistent en un soutien aux PME innovantes par l’accueil, l’accompagnement, l’animation et l’accès au financement dans trois secteurs d’activités que sont les technologies numériques, la santé et les biotechnologies, le design et la création. Les éco-activités innovantes et les entreprises participant à la qualité de vie dans la cité pourraient également intégrer le dispositif.
Les actions conduites par la Ville de Paris s’inscrivent dans le cadre d’une coopération forte avec les autorités nationales et celles de la région : la ville apporte sa contribution financière aux pôles de compétitivité, et mène une politique active d’équipements d’hébergement (création d’incubateurs, de pépinières). Paris compte aujourd’hui cinq incubateurs, cinq pépinières et plusieurs hôtels industriels. Le nombre de m² dédiés à l’accueil des nouvelles entreprises innovantes a été multiplié par 8, passant de 5.000 m² en 2001 à 40.000 m² fin 2006.
Début 2007 ont ouvert les pépinières Paris Santé Cochin (14ème arrondissement) destiné aux biotechnologies et Rue des Haies (20ème arrondissement) consacrée à la vie numérique et aux jeux vidéo, tandis que deux incubateurs verront le jour en 2008 et 2009, celui de l’Institut de la Vision (hôpital des Quinze Vingts) et celui de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière (hôpital La Pitié-Salpétrière).
Au-delà de ce soutien à l’innovation, rappelons également que dans le domaine du renouvellement du parc de bureaux, plusieurs projets sont en cours, en particulier dans la ZAC Paris Rive Gauche. Le programme associe des logements, des bureaux, des locaux universitaires et un parc technologique dédié aux biotechnologies « Paris Biopark » (incubateur, pépinière d’entreprise liées au domaine de la santé humaine) en lien avec le pôle de compétitivité Médicen.
La création de nouveaux pôles économiques, en particulier aux portes de Paris (ZAC de la Porte des Lilas, Paris Nord Est…) devrait répondre aux besoins estimés.
Malgré ces programmes favorables au développement économique, les documents d’urbanisme de la Ville (le Projet d’Aménagement et de Développement Durable, PADD, le Plan Local d’Urbanisme, PLU, et plus récemment le projet de Plan de Déplacements de Paris, PDP), à l’image du SDRIF de la région Ile de France, ne reflètent pas de fortes ambitions économiques. Force est malheureusement de constater que l’impératif économique a été relégué derrière d’autres préoccupations, telles que la préservation de l’environnement, l’amélioration du cadre de vie, la mixité sociale et fonctionnelle.
Ce positionnement privilégiant « une ville à vivre plutôt qu’à travailler et à faire des affaires » associe l’image internationale de la capitale davantage à la douceur de la vie parisienne qu’au savoir-faire parisien… et les opérations telles que « Paris Plage » ou « Nuit Blanche », si elles ont un écho mondial, contribuent aussi à renforcer cette image.
Est-ce à dire que la capitale n’a pas un rôle économique majeur, ou bien que l’économie se porte si bien ? Après cette première partie de présentation du contexte général, l’objectif de la seconde partie est de dresser un bilan de l’économie dans la capitale et de ses spécificités.