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New York, "la résiliente"


Présentation de la métropole

New York, avec 8 085 000 habitants, répartis dans cinq grands districts (Manhattan, Brooklyn, le Queens, le Bronx et Staten Island), est la principale ville des États-Unis.

Son agglomération, la New York Metropolitan Area, ou Grand New York, est également la métropole la plus densément peuplée des États-Unis, loin devant San Francisco, et son PIB la classe au premier rang mondial devant Tōkyō TMG. En 2006, le Grand New York comptait 21 199 865 habitants répartis entre les États de New York, du New Jersey et du Connecticut sur 8 680 km², soit une densité de près de 2 400 habitants au km².

New York regroupe l'ensemble des critères caractéristiques d'une ville mondiale, c’est-à-dire d’une métropole parfaitement intégrée dans la mondialisation grâce à la puissance de ses centres décisionnels.

La population de la ville de New York est en augmentation depuis plusieurs décennies, et devrait atteindre près de 9,5 millions d'habitants en 2030. Cette population se caractérise par une structure par âge relativement jeune, et plutôt qualifiée. La population est cosmopolite : 36 % des New-Yorkais sont nés à l'étranger, près de 170 langues différentes sont parlées dans la ville et 47,7 % de ses habitants s'expriment dans une autre langue que l'anglais.

La ville est marquée par une importante disparité de revenus, qui s’exprime géographiquement, dans les quartiers.



Localisation de l’Etat de New York et de la ville de New York (1)






 

La structure économique

La ville de New York est considérée comme le centre décisionnel le plus puissant du monde : la ville concentre en effet de nombreux sièges sociaux d’entreprises, et les quartiers généraux de plusieurs instances internationales (siège de l'ONU, de l'UNICEF …). De nombreuses entreprises multinationales sont basées dans la ville de New York et les filiales des grandes banques internationales sont toutes présentes à Manhattan.

New York compte 328 000 emplois dans le secteur de la finance. Cette puissance se manifeste dans la Bourse de New York, qui englobe plusieurs organismes, dont :

- le New York Stock Exchange (NYSE), qui a récemment fusionné avec Euronext. Les marchés des différentes bourses mondiales sont directement dépendants des résultats affichés au NYSE. Parmi les principales entreprises cotées au NYSE, on retrouve Coca-Cola, Boeing, Citigroup, Exxon Mobil ou encore Walt Disney Company ;

- le second organisme de la Bourse de New York est le NASDAQ (National association of securities dealers automated quotations), un réseau totalement automatisé, présent dans le monde entier mais dont le siège social se trouve à New York. Les entreprises les plus célèbres cotées au Nasdaq sont surtout des entreprises de haute technologie (Microsoft Corporation, Yahoo!, Cisco Systems, etc.).

Le « duel » entre les bourses de Londres et de New York s’inscrit dans le fil des rivalités historiques. Les classements sont nombreux de part et d’autre pour permettre aux autorités des deux pays de prouver leur puissance respective. Mais il est clair que depuis quelques années l’inquiétude est plus manifeste du coté de New York. L’environnement juridique (en particulier la loi Sarbanes-Oxley et l’American Patriot Act) est considéré comme un frein. La loi fédérale de 2002 (2) aurait placé un fardeau et des coûts de conformité importants sur les sociétés anonymes cotées aux Etats Unis.

Ainsi, 9 des 10 plus grandes introductions en bourse en 2005 ont été réalisées dans des bourses européennes ou asiatiques, alors qu’en 2001, 9 des 10 plus grandes introductions avaient eu lieu à New York. Les restrictions de la politique d’immigration américaine instituées par l’American Patriot Act suite aux attentats de 2001 sont également considérées comme un handicap majeur pour attirer les meilleurs talents internationaux.

Le secteur industriel repose sur un réseau dense de PME. Celui-ci est très diversifié, allant des industries traditionnelles aux industries du luxe (quartier des diamantaires) en passant par la haute technologie. Les principales activités industrielles de la ville sont l'imprimerie et l'édition (Wall Street Journal, l'agence de presse Associated Press, New York Times… ) l'industrie agro-alimentaire, la chimie et la pétrochimie, l'électricité, la mécanique, l'électronique, et la confection textile. La ville possède une technopole sur la côte Est, la « Silicon Alley », pendant de la « Silicon Valley » californienne. La technopole concentre des entreprises spécialisées dans le multimédia.

New York est à la seconde place au niveau national en ce qui concerne le secteur de la télévision et du cinéma, actuellement en pleine croissance. Un projet d'« Hollywood vertical », Silvercup Studios West, devrait réunir des studios et des bureaux.

Les points négatifs de New York proviennent, outre la cherté du coût de la vie, des délocalisations qui touchent les secteurs des services aux entreprises, des opérations financières, des métiers scientifiques… Le New Jersey tout proche est la destination privilégiée des entreprises qui quittent New York.

L’agglomération de New York est donc confrontée à une concurrence « locale », qui peut rappeler les tensions que connaissaient il y a encore quelques années les départements de la région Paris-Ile de France dans l’accueil et la (dé)localisation de grandes entreprises. L’enjeu pour l’agglomération de New York est alors l’instauration d’une vision de développement partagée entre la ville et les deux états voisins de New York et du New Jersey.

 



Les axes de développement économique et le rôle de la ville-centre

Le développement économique de l’agglomération de New York est soutenu par un ensemble de programmes, d’initiatives et d’aides financières, émanant aussi bien des instances fédérales, de l’Etat que des agences locales. Il s’agit d’un ensemble complexe dont la lisibilité et la cohérence ne sont pas évidentes. Le développement économique de la région est réactif, orienté vers la solution de problèmes concrets et d’actualité.

Le développement économique de l’Etat de New York est géré par une société publique, l’Empire State Development Corporation (ESDC), dont l’activité principale est d’offrir une assistance technique et financière aux entreprises qui créent ou maintiennent des emplois dans l’Etat (via un programme de développement économique et immobilier). D’autres agences participent également aux politiques de l’Etat de New York, comme les « Empire zones » dont le but est d’attirer les entreprises dotées d’un fort potentiel de création d’emplois par des incitations fiscales puissantes.


La Ville de New York (dont le maire est Michael Bloomberg depuis 2001) met en place une politique pour attirer et maintenir les entreprises et les emplois autour de trois axes :

  1. des incitations financières (crédits d’impôt à l’emploi). New York City Economic Development Corporation (EDC) est l’opérateur principal de la ville pour la politique de développement économique. L’EDC est une société publique qui fonctionne sous contrat avec la ville. Ses missions incluent la revitalisation de Lower Manhattan, le développement de la zone centrale d’affaires, l’amélioration des infrastructures et les investissements immobiliers. Les incitations fiscales concernent des crédits et des exemptions d’impôts, des financements de programmes spécifiques et des subventions aux entreprises ;

  2. «l’initiative biosciences » (parc scientifique East River Science Park). Les priorités industrielles sont ciblées dans les sciences de la vie et les biotechnologies. La pièce maîtresse de « l’initiative biosciences » est le développement d’un réseau d’équipements, (le premier parc dédié, East River Science Park, ouvrira en 2008) associé à un système de crédits d’impôts (à l’emploi, à l’investissement, à la recherche & développement, et à la formation) ;

  3. l’appui aux PME (Small Business Services). La ville de New York accueille 200 000 petites entreprises qui représentent 50% de l’emploi total. C’est cette forte proportion de petites entreprises qui, comme à Paris, contribue fortement à la puissance économique de la ville. Le département des Small Business Services est l’agence de la ville pour les PME. Ses missions sont de favoriser le développement et le « bien être économique » des petites entreprises grâce à une palette de services déterminés.

 

L’efficacité des politiques publiques d’incitations fiscales mises en œuvre pour retenir l’emploi dans la ville-centre a été étudiée par le Center for Urban Research de la City University of New York. Cette évaluation a mis en lumière le manque de performance des politiques d’incitations fiscales. Beaucoup d’entreprises n’auraient pas atteint les objectifs de créations d’emplois promises en échange de subventions, subventions elles-mêmes souvent concentrées sur quelques grandes entreprises des secteurs financiers et de la communication.

D’après ces travaux, la réalité du développement économique de la ville prend racine dans d’autres politiques, dont celle de l’amélioration de la vie en ville : l’amélioration de l’éducation, de la sécurité, des transports publics… sont considérés comme des moteurs importants du dynamisme économique de l’agglomération.




(1) Sources : l’Encyclopédie du Quid, www.quid.fr
(2) La loi Sarbanes-Oxley fait suite aux scandales financiers Enron et Worldcom des années 2001-2002. Son objectif est de réduire les fraudes et les conflits d'intérêt d'une part et d'augmenter la transparence financière et la confiance du public dans les marchés financiers d'autre part. En effet, la loi Sarbanes-Oxley vise à renforcer la supervision des comités d’administration et d’audit, à augmenter la vigilance et l’indépendance des auditeurs, à renforcer le contrôle interne et la gestion des risques et à pénaliser les fraudes comptables. La loi est célèbre pour les paragraphes qui stipulent que le président-directeur général et le directeur financier d'une organisation sont responsables à titre personnel de la certification des résultats financiers. La loi, qui concerne toutes les entreprises, américaines ou pas, a suscité beaucoup de réactions à sa sortie : les entreprises ont dû engager beaucoup de ressources (hommes, temps, argent, connaissances) pour se mettre en conformité, et certaines d’entre elles se seraient tournées vers la bourse de Londres pour y échapper.