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San Francisco, "l'innovante"


Présentation de la métropole

La région urbaine de San Francisco, désignée aussi comme « la région de la Baie de San Francisco » accueille près de 7 millions d'habitants et présente une densité d’environ 1 700 habitants/km2. Elle s'étend sur neuf comtés (ou dix, selon la définition adoptée par certaines administrations) et intègre plusieurs centres urbains et banlieues. L'agglomération représente la cinquième aire urbaine américaine en termes de population, derrière New York, Los Angeles, Chicago et Washington-Baltimore.

L'expression « Silicon Valley » désigne l'ensemble des entreprises technologiques de la région urbaine de San Francisco. Ses frontières sont floues et en constante évolution.

La région de San Francisco est l'une des plus riches des États-Unis. D'après le «  United States Census Bureau » (1), l'agglomération possède le revenu le plus élevé par foyer du pays, et l’un des plus élevés du monde. Cependant le coût de la vie y est aussi très élevé. Ainsi seuls 26% des foyers ont un pouvoir d’achat suffisant pour devenir propriétaires.

L’immigration est une clé du développement de la région. Ainsi on parle une autre langue que l'anglais dans 48% des foyers de Silicon Valley, et 55% des employés dans les domaines des sciences et des technologies sont nés en dehors des États-Unis (l'Inde et la Chine représentant les « viviers de cerveaux » les plus importants).



Localisation de la région de la baie de San Francisco dans l’Etat de Californie (2)






 

La structure économique

La Silicon Valley a bâti sa réussite sur une forte culture de l’innovation et de la prise de risque. Sa structure économique est marquée par la part prépondérante des services aux entreprises (gestion, techniques et scientifiques), et l’industrie de très haute technologie (informatique, recherche & développement).

Les PME représentent une force majeure dans l'économie de San Francisco. Près de 90% des entreprises comptent moins de 100 salariés.

Après un passage à vide suite à la crise Internet, une accélération de la diversification vers d'autres domaines que l'informatique, notamment vers les biotechnologies et les énergies renouvelables, a donné un souffle nouveau à la Silicon Valley
. Plus de 30 000 emplois y auraient été créés entre juillet 2005 et juillet 2006, accompagnés notamment d'un investissement de 900 millions de dollars dans des technologies touchant aux énergies dites « propres ».

San Francisco est l'une des rares villes américaines à imposer aux employeurs un salaire minimum (plus élevé même que celui de l’Etat de Californie) et des congés maladie.


La région de la baie de San Francisco est confrontée à plusieurs défis :

- une augmentation permanente du coût de la vie ;

- les échecs du système scolaire dans une région basée sur une économie de la connaissance ;

- la maitrise de la spéculation financière (limiter les risques « de bulle ») ;

- l’insuffisance énergétique, notamment électrique (retour à une réglementation de la distribution de l’électricité) ;

- rester la « tête de réseau » d’une industrie vouée à la mondialisation. De nouvelles inquiétudes proviennent du développement de nouveaux pôles scientifiques et technologiques dans le monde, à l'exemple de Bangalore, en Inde. Nombre d'entreprises de hautes technologies ont partiellement ou complètement déplacé leurs centres d'appels, et, progressivement, une partie de leurs activités.

Dans cet environnement très concurrentiel, San Francisco s’appuie sur :

- un secteur public qui stimule le financement de la recherche & développement, soutient une politique de marketing territorial et sectoriel et réalise un programme ambitieux d’aménagement ;

- une qualité inégalée de liens très étroits entre les universités et le secteur privé, des réseaux denses entre entrepreneurs de filières différentes qui se mêlent et s’entrecroisent, et un niveau exceptionnel d’entreprises de capital risque qui jouent aussi un rôle de conseil et d’orientation auprès des entrepreneurs.




Les axes de développement économique et le rôle de la ville-centre

L’Etat de Californie (présidé par Arnold Schwarzenegger) a des prérogatives limitées en termes de développement économique. Toutefois une série d’initiatives a été lancée pour renforcer la compétitivité et promouvoir les technologies émergentes telles que les biotechs, les nanotechs, et les cleantechs (ou technologies propres). Les exemples les plus significatifs sont la création de quatre instituts de la Californie pour la science et l’innovation (3), grâce à une association entre l’Etat de Californie, l’Université de Californie et l’industrie privée.

Des lois ont été élaborées en concertation étroite avec les entreprises de la Silicon Valley, comme celles visant à réduire l’utilisation des combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre. Le programme de « Greenwave » oriente ainsi les fonds de pension dans des investissements de cleantechs.

Le maire de San Francisco a décidé dès 2004 de s’impliquer fortement dans le développement économique, et de préparer un plan à long terme pour la ville et le comté de San Francisco. Gavin Newsom, veut faire de San Francisco « la capitale du recyclage, le havre des immeubles verts, et le fer de lance du développement de l'énergie solaire ». Le plan à long terme privilégie les industries les mieux à même de créer des volumes significatifs d’emplois dans la ville.

La priorité se porte alors sur le développement de réseaux de petites sociétés innovatrices et réactives, dans une large gamme de secteurs industriels, plutôt que sur la présence des grands sièges sociaux moteurs de la croissance passée. La ville a ainsi mis en place trois initiatives sectorielles spécifiques : les biotechnologies, les médias numériques et les cleantechs.

Le secteur des biotechnologies s’articule autour du projet d’aménagement « Mission Bay ». Il s’agit d’une zone nouvelle de développement en bord de mer prévoyant plus de 500 000 m² de bureaux, des milliers de logements, 80 000 m² de commerces… Au centre de « Mission Bay » l’Université de Californie pourrait installer un hôpital universitaire avec 9 000 chercheurs et personnels divers. Le secteur inclura le centre « QB3 » soutenu par l’Etat de Californie, ainsi qu’un établissement privé de recherches et de nombreuses entreprises de l’industrie des biotechs.

Le secteur « digital média » est doté d’un comité consultatif créé par le maire dans le but d’attirer et de soutenir les entreprises locales de médias numériques et d’encourager l’investissement privé et public en technologies avancées dans les médias. Une équipe est chargée d’animer un « cluster média ».

La même politique a été développée dans le domaine des cleantechs. L’expansion dans ce secteur émergent est soutenue et financée par une coopération public-privé, réunissant la ville de San Francisco, l’Etat de Californie, des fondations d’entreprises privées locales et des sociétés de capital risque.



(1) Bureau du recensement des Etats Unis
(2) Sources : l’Encyclopédie du Quid, www.quid.fr
(3) Le plus grand institut basé dans la région est QB3, créé en 2000. « L’Institut de la Californie pour la recherche biomédicale quantitative » est un projet de 900 millions de dollars, destiné à créer à terme plus de 10 000 emplois sur le campus de Mission Bay.