Cinq ans après avoir réalisé « L’économie parisienne face à son avenir » (1), la CCIP Paris a jugé opportun d’actualiser sa vision du développement économique de Paris et, sur la base d’un diagnostic, de formuler de nouvelles recommandations. Les analyses auxquelles il a été procédé font ressortir les points suivants :
- les grandes métropoles et leurs villes-centres (2), affichent toutes des ambitions très fortes de développement économique, avec de grands investissements consentis dans les infrastructures, une course à l’innovation et un rôle majeur imparti à la ville centre. En comparaison, les différents exercices parisiens de planification menés aux niveaux régionaux (SDRIF) et locaux (PADD, PLU et projet de Plan de Déplacements de Paris) n’apparaissent pas à la hauteur des enjeux ;
- les analyses de l’évolution de l’emploi et de l’immobilier d’entreprise révèlent un phénomène de desserrement qui ne joue pas en faveur de la capitale même si la position économique de Paris reste encore forte (avec plus de 2 millions d’habitants, 291 000 établissements et 1 650 000 emplois), et que son « terreau économique » présente des aspects très positifs pour les entreprises (dynamisme de la création d’entreprises, qualification des emplois, structure économique riche et diversifiée) ;
- les différents secteurs d’activité connaissent des situations contrastées, reflet de la complexité d’une ville-centre d’agglomération, avec d’un coté des secteurs orientés vers la mondialisation, et de l’autre coté des secteurs dépendant d’une économie locale : performances remarquables des activités « de grande métropole » ; faible pérennité des entreprises liées à l’innovation ; santé financière fragile des activités traditionnelles, et notamment du commerce ; fortes créations d’emplois dans les secteurs liés au tourisme, mais qui ne peut à lui seul jouer le rôle de moteur de l’économie parisienne.
Ce diagnostic met en lumière le dynamisme insuffisant de l’économie parisienne qui connaît un taux de croissance inférieur à la moyenne régionale ou nationale, régression relative encore plus marquée lorsqu’on la mesure en termes d’emplois, et amène la CCIP Paris à préconiser un sursaut volontariste. Laisser l’économie parisienne s’affaiblir porterait en effet un préjudice certain au développement économique de l’ensemble de la métropole, voire de la Nation.
Il convient alors de redonner de la vigueur à l’économie de Paris, en tant que fer de lance de la métropole dont elle en est le centre, selon une politique équilibrée (3).
Cette politique s’intègre dans une vision à moyen terme d’une capitale ouverte sur sa région et sur le monde, avec une base économique diversifiée, un nombre d’emplois qui ne baisserait plus, voire augmenterait à nouveau, un Paris berceau de nouvelles entreprises, et maintenant une population équilibrée, garante d’un tissu de services de proximité (4).
Pour aller dans ce sens, la stratégie à adopter aujourd’hui peut se décliner sur 3 axes, constitutifs de ce qu’on pourrait nommer le « trépied de l’économie de Paris », à savoir :
Ce qui suppose de remplir trois conditions préalables de portée générale :
La CCIP Délégation de Paris est prête à s’impliquer, avec la municipalité et les autres acteurs concernés, pour assurer le réveil de l’économie parisienne – qu’elle appelle de ses vœux – en concrétisant les recommandations de cette étude.