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Les 3 axes du "trépied" de l’économie parisienne

1er axe : renforcer l’attractivité internationale et les secteurs d’activité emblématiques de Paris.


Une compétition aussi médiatique

Paris est soumis à une vive concurrence de la part des autres métropoles tant sur le plan économique, que médiatique, comme l’a montré la compétition pour l’obtention des JO 2012.

Les autres métropoles, et en particulier Londres, San Francisco ou New York pratiquent dans ce domaine une politique marketing agressive. Ainsi, le slogan du gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, pour attirer les entreprises est explicite : « California Wants Your Business! », ou encore, celui de la capitale économique des Etats-Unis « I love New-York ».

Ce constat amène à proposer les actions suivantes (1) :

  1. Créer une signature, un slogan pour Paris (du type « I Love New-York ») qui pourrait unifier la communication économique parisienne et être ensuite décliné selon les domaines.

  2. Renforcer le rôle du maire de Paris comme ambassadeur du territoire et des entreprises parisiennes, à l’occasion notamment de ses déplacements à l’étranger.

  3. Communiquer sur la modernité de la ville, en particulier sur ses domaines d’excellence ou d’exception, et ce, quel que soit le support (tous événements à visibilité internationale)

  4. Faire bénéficier la Ville de « gestes architecturaux », signées par de grands noms de l’architecture. L’architecture est en effet un vecteur de communication à ne pas sous estimer, et on peut se féliciter de plusieurs grands projets parisiens, comme le renouvellement du quartier des Halles, ou des projets plus ponctuels, comme la fondation Louis Vuitton. Il apparaît toutefois que les projets architecturaux majeurs parisiens sont peu dédiés aux activités économiques.

  5. Réaliser la liaison ferrée directe CDG Express entre l’aéroport CDG et Paris. Ce manque de desserte rapide joue en effet négativement sur l’image de Paris à l’étranger.

 



Sur le tourisme et le tourisme d’affaires


L’organisation de congrès et de salons de dimension mondiale contribue à forger l’image du dynamisme économique de Paris. Mais si Paris-Ile de France est actuellement leader mondial pour l’accueil des congrès, et dispose des plus grandes surfaces d’accueil de salons internationaux, il est vrai fragmentées en plusieurs sites, sa position est aujourd’hui menacée par d’autres métropoles concurrentes qui développent des politiques dynamiques en matière de promotion, d’infrastructures et de services.

Le rapprochement des activités congrès-salons de la CCIP (Paris-Nord Villepinte, Paris Le Bourget, Palais des Congrès) avec celles d’Unibail (Porte de Versailles, CNIT, Espace Champerret) permet de doter Paris d’un opérateur unique dans ce domaine, à l’instar des autres grandes métropoles (2). Ce rapprochement s’accompagnera d’une extension de Paris-Nord Villepinte dont les surfaces seront portées à 340 000 m² à l’horizon 2021, contre 206 000 m² actuellement, avec une première tranche de 35 500 m² opérationnelle dès 2010. Est également à l’étude une nouvelle extension du Palais des Congrès.

L’extension de Paris-Nord Villepinte rend l’amélioration de la desserte ferroviaire de ce site indispensable, que ce soit à travers la modernisation du RER B (3) ou de la construction d’une bretelle de raccordement du Parc à la future voie CDG Express autorisant l’exploitation de navettes directes avec Paris.

Parmi les recommandations de la CCIP pour assurer l’attractivité et le bon fonctionnement des centres d’exposition et de congrès, figurent celles relatives aux infrastructures : services urbains développés, offre hôtelière adaptée en capacité et en gamme, accessibilité par la route et par les transports en commun, liaisons rapides depuis les aéroports, les gares et la capitale.
Il importe donc en particulier :

  1. De renforcer la desserte ferroviaire des parcs d’exposition et de congrès et notamment du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte (4)

  2. De prendre des mesures spécifiques lors de l’inauguration de grands salons, afin de favoriser la circulation sur les autoroutes d’accès aux parcs d’expositions et de congrès.

  3. De proposer une organisation adaptée aux taxis pour desservir les parcs d’exposition et de congrès depuis les aéroports.

 

 

Sur le lien entre tourisme, économie et cultures locales


La nécessité croissante de lier économie locale, tourisme et culture pour mêler les clientèles est également importante. Paris a de nombreux atouts qu’il convient de combiner pour mieux diffuser les potentiels de croissance et se démarquer des autres villes touristiques concurrentes. Depuis 2002, des opérations partenariales sur des secteurs géographiques limités se sont multipliées (charte qualité de la Butte Montmartre, parcours découverte de Belleville, viaducs des arts…), et des réflexions ont été menées sur l’accueil des touristes en groupes (projet de «charte sur l’accueil et les déplacements des groupes de touristes »). Mais, au-delà de ces expériences, le tourisme de loisirs manque à Paris et dans la région Paris-Ile de France d’une vision stratégique. D’autre-part, Si Paris reste la première destination touristique au monde, la capitale française n’est que la troisième ville par le chiffre d’affaires commercial avec les touristes. C’est pourquoi la CCIP s’emploie à promouvoir des opérations du type « Soldes by Paris » qui vise à accroître les dépenses des touristes à Paris.

    1. Elaborer une «stratégie tourisme» partagée à l’échelle métropolitaine, pour assurer le développement de ce secteur d’activité, que ce soit en matière d’infrastructures hôtelières, de transport, de fiscalité (taxe de séjour), de réglementation des zones touristiques…

    2. Afin de capter une part plus importante du pouvoir d’achat des touristes, assouplir la réglementation applicable à l’ouverture des commerces le dimanche, de manière prudente, dans les zones touristiques existantes ou à créer.

    3. Plus généralement, la Ville de Paris, qui perçoit la taxe de séjour, devrait soutenir la modernisation de l’offre hôtelière parisienne, dont l’accroissement des capacités pourrait être envisagé, face à une demande croissante.

    4. Créer des conditions favorables aux nécessaires déplacements des groupes de touristes en autocar, en étroite liaison avec les professionnels concernés.

     

     

    Sur la valorisation de certaines filières


    Paris dispose de nombreux atouts dans les activités de la création (5), au carrefour des disciplines artistiques, du design, des technologies, de la mode : une forte concentration d’entreprise (TPE, PME), des groupes d’envergure internationale (LVMH, PPR, Hermès…), des écoles prestigieuses (les Arts Déco, les écoles Boulle, les Beaux Arts, l’ENSCI, les Gobelins, Duperré, Olivier de Serres…) et de nombreux équipements culturel (musées, lieux d’exposition…). Ainsi, dans la ligne du Schéma Régional de Développement Économique de l’Ile-de-France, qui identifie les industries de la création comme une filière stratégique, la CCIP préconise d’intégrer ces filières dans un projet économique global de développement :

    1. Renforcer la lisibilité et l’affichage de ces filières par la création d’un pôle de compétitivité dédié aux « industries de la création ».

    2. Favoriser le développement de réelles synergies et d’intérêts entre les grandes écoles, les techniciens, les designers, les managers des grandes comme des très petites entreprises.

      Au rang des activités emblématiques de la capitale à promouvoir, il faut évidemment compter les activités financières et soutenir leur développement.

    3. Soutenir l’action de Paris Europlace pour faire émerger la place financière de Paris comme challenger efficace de Londres.

     


     

    2ème axe : soutenir les secteurs d'activité innovants

    Au-delà des mesures générales de soutien à l’entreprenariat énoncées tout au début de nos préconisations, il faut mener une politique dynamique de soutien à l’innovation, second pilier du « trépied de l’économie parisienne », notamment en direction des PME. Un rapport récent de la CCIP (6) énonce les mesures à prendre notamment dans les domaines d’actions suivants : l’accompagnement des PME (7), la coopération recherche-PME, la relation entre grandes entreprises et les PME, la formation au management de l’innovation et à la gestion d’entreprise, les pôles de compétitivité.

    Pour ce qui concerne Paris intra-muros, il convient de saluer la politique active menée par la Ville de Paris (notamment avec la Chambre de Commerce, via l’agence Paris-développement) avec les programmes « Paris Ville Numérique » et «Paris technopole ». Ces actions apportent un soutien aux PME innovantes par l’accueil, l’accompagnement, l’animation et l’accès au financement dans trois secteurs d’activités que sont les technologies numériques, la santé et les biotechnologies, le design et la création. Cette politique pourrait être renforcée par les actions suivantes :

    1. Etendre le champ des activités soutenues aux éco-activités innovantes et aux entreprises participant à la qualité de vie dans la cité,

    2. Accentuer l’implication et la participation de Paris dans l’animation et les projets du pôle de compétitivité « Ville et mobilité durable ».

    3. Augmenter les capacités d’accueil dans les pépinières, les hôtels d’activité (comme indiqué déjà plus haut dans la partie consacrée à l’offre immobilière)

    4. Créer un incubateur dédié à l’innovation financière dans le quartier central des affaires.

    5. Fédérer les acteurs de l’économie de l’innovation : structurer le réseau parisien des acteurs publics intervenants dans l’appui aux PME innovantes, multiplier les relations d’intérêt entre PME et grands groupes, entre PME et centres de technologies, entre les entrepreneurs au travers de clubs, de grands prix (8)…

     


     

    3ème axe : assurer le maintien et le développement de l’économie de proximité

     

    Troisième « pilier » du développement économique parisien, l’économie locale ne sera déclinée ici que sur deux de ses composantes : celui du commerce et des autres activités de proximité, d’une part, et celui des services à la personne, d’autre part.

    Le commerce et les activités de proximité

    L’intérêt que présente l’économie locale, dont le commerce de proximité, et son caractère adapté à des villes du 21ème siècle sont aujourd’hui partagés par tous les acteurs locaux. Au-delà des considérations liées au cadre de vie, à la sécurité et à l’animation de la ville, l’économie locale est un enjeu économique majeur. Le maintien d’un tissu commercial dynamique et diversifié suppose de créer des conditions d’exercice adaptées, et une politique publique de soutien.
    Seront distinguées les propositions qui concernent d’une part les commerçants, et, d’autre part, leurs associations.

     

    Vis-à-vis des commerçants :

    De manière générale, l’action municipale devrait privilégier une « incitation à faire » (via des dispositifs d’aide au financement ou de dégrèvement de droits et de taxes), plutôt que d’édicter des interdictions (comme c’est le cas du dispositif de protection des linéaires commerciaux inclus dans le PLU). Ces incitations pourraient venir en complément d’actions menées par exemple sur les transmissions d’entreprise dans le cadre du dispositif mis en place par la CCIP « passer le relais ».

    1. Poursuivre les actions de préemption menées par la SEMAEST dans certains quartiers de Paris, et, après réflexion et bilan des actions déjà accomplies, étendre le dispositif à d’autres territoires (9).

    2. Accorder, à l’occasion des reprises d’entreprises ou de nouvelles installations, des avantages fiscaux (exonération de taxe professionnelle, de droits d’enseigne, de voirie …) aux commerçants, dans certains secteurs géographiques (ceux où le commerce est le plus fragile) et pour certaines activités (comme les commerces de bouche) (10)

    3. Aider spécifiquement les jeunes commerçants ou artisans en mettant en place des prêts à taux bonifiés (voire à taux zéro).

    4. Donner aux activités économiques le moyen de se signaler et d’être visibles de la rue. De ce point de vue, la CCIP estime que le caractère inutilement restrictif du projet de nouveau Règlement Local de la Publicité et des Enseignes de Paris constitue un handicap potentiel au développement de nombreuses entreprises parisiennes, notamment commerciales (11) et auquel il faut remédier.

     

    Vis-à-vis des associations de commerçants, dont le rôle dans la dynamisation du commerce de quartier est primordial :

    1. Créer un dispositif financier spécifique aux associations de commerçants, de type PROCOMS (à l’instar de ce qui est mis en place dans les Hauts-de-Seine), pour aider les associations à mettre en place davantage d’animations commerciales dans leurs quartiers,

    2. Constituer un guichet unique des animations et illuminations de fin d’année, auquel les associations puissent d’adresser

    3. Contribuer à créer une plate-forme d’intelligence économique appliquée à l’économie locale, avec des informations sur l’état actuel des quartiers et du commerce, les opportunités du marché, les programmes à venir, les tendances de la concurrence, les évolutions technologiques…

    4. Mener une politique visant à inciter les grandes enseignes à s’associer aux actions des associations locales de commerçants, notamment par la création et l’animation d’un Club réunissant les réseaux d’enseignes, les unions commerciales, la Ville de Paris et les organismes consulaires.

     

     

    Les services à la personne


    Les services à la personne constituent un enjeu important pour l’emploi (s’agissant d’emplois accessibles à des personnes de qualifications diverses) et l’économie parisienne (12). Grâce aux mesures prises par le gouvernement (Plan Borloo) le secteur connaît un développement notable, qu’il convient encore de conforter. Ainsi, et sur la base d’une enquête menée par le CROCIS auprès des chefs d’entreprises du secteur des services à la personne (13), la CCIP Paris souhaiterait l’appui de la collectivité locale dans les actions suivantes :
    1. Soutenir la pérennisation du dispositif de déductions et d’avantages fiscaux au bénéfice de la clientèle, pour soutenir la demande. En effet, les entreprises de services à la personne doivent faire face à de graves incertitudes, le marché s’appuyant sur des déductions d’impôts pour les ménages grâce à un dispositif dont la la pérennité n’est pas assurée.

    2. Demander l’élargissement de ce dispositif à de nouvelles activités, comme la garde d’enfants en mode collectif dans le cadre par exemple de crèches d’entreprises, conciergeries… qu’il s’agisse en l’espèce davantage de services aux entreprises que de services à la personne.

    3. Faciliter l’ouverture aux entreprises privées des marchés des administrations, souvent plus ouverts aux associations.

      Les chefs d’entreprises de services à la personne déclarent que moins de 10% de leurs clients payent les prestations de service à la personne au moyen de « chèque emploi service universel préfinancé » (CESU préfinancé (14) ). Ce faible taux s’explique d’un côté, par la distribution encore réduite des CESU par les entreprises et les comités d’entreprise, et d’un autre côté, par le défaut d’information des ménages sur les possibilités d’utiliser ce mode de paiement.

      Dans la capitale, la généralisation des CESU préfinancés pourrait ainsi être favorisée, dans les grandes et moyennes entreprises, et aussi dans les collectivités et les établissements publics.

    4. Améliorer l’information sur le CESU préfinancé auprès des financeurs potentiels (entreprises, collectivités…), qui peuvent y trouver un nouvel instrument de négociation sociale (15).

     

     

     

    (1) Ne sont abordés ici que quelques éléments d’attractivité, sans revenir sur l’importance par exemple de la place financière de  Paris (que notre rapport de 2002 « L’économie parisienne face à son avenir » mettait justement en avant).
    (2) Londres excepté.
    (3) Plan RER B Nord+

    (4) modernisation du RER B, étude de la connexion des voies de CDG Express à la nouvelle gare envisagée dans le prolongement du barreau de Gonesse permettant la mise en place de navettes directes avec Paris.
    (5) Un colloque  organisé en novembre 2007 par la CCIP a mis en lumière ces atouts.
    (6) « Innover en Ile-de-France : priorités pour les PME » Rapport présenté par Mme Christine BINET et adopté par l’Assemblée Générale du 22 mars 2007.
    (7) A noter dans ce domaine, la création récente par la CCIP de « l’ECHANGEUR PME » Paris Ile-de-France, à la Bourse de Commerce, plateforme de démonstration des pratiques et usages innovants des technologies de l’information.
    (8) A l’instar du Grand prix de l’innovation de la Ville de Paris, conçu et organisé par Paris Développement, qui vise à récompenser les projets innovants d'entreprises dans le domaine du développement durable, et tout particulièrement dans les secteurs des biotechnologies, des technologies de l'information et de la communication et de l'environnement
    (9) Une extension a été récemment votée par le Conseil de Paris des 17 et 18 décembre 2007, autorisant l’action de la SEMAEST sur 5 nouveaux quartiers : Daumesnil Félix Eboué (12ème), Jonquière Les Epinettes (17ème), Lancry et l’Entre deux Gares (10ème), Quartier Latin (5 et 6ème).
    (10) Au-delà des exonérations fiscales existantes de deux ans pour les reprises d’entreprises en difficulté et de cinq ans pour les créations ou extensions d’entreprises dans les zones urbaines sensibles délimitées dans les 10ème, 11ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements
    (11) Et notamment ne pas interdire  le micro-affichage, forme de communication de proximité adaptée à la rue parisienne et qui procure aux commerçants des revenus d’appoint non négligeables.
    (12) Enjeu qui a amené la CCIP à adopter deux rapports auxquels nous renvoyons le lecteur : « Développement des emplois et des entreprises de services à la personne » Rapport d’étape de Dominique RESTINO adopté à l’assemblée générale du 7 juin 2007 et « Créer et développer les entreprises et les emplois à la personne » rapport de Eric Hayat adopté à l’assemblée générale du 23 juin 2005
    (13) « Les entreprises de services à la personne », Cahier du CROCIS n°24, 2007
    (14) Le « chèque emploi service universel préfinancé » s’adresse aux personnes morales ou physiques (entreprise, comité d’entreprise, collectivité, association, organisme social, établissement public…) qui souhaitent proposer, gratuitement ou moyennant participation, des titres de paiement à valeur faciale prédéterminée à leurs salariés, agents, ayants droits, retraités, administrés, sociétaires ou adhérents. Des exonérations sociales et des avantages fiscaux pour les financeurs sont associés à cette aide (les entreprises bénéficient d’un crédit d’impôt de 25% du montant de l’abondement).
    (15) A l’instar de l’opération montée dans les Hauts de Seine à l’initiative de la CCIP, avec le soutien de l’Agence Nationale des Services à la Personne, une clé USB comportant des informations sur le CESU pourrait être diffusée auprès d’un grand nombre d’entreprises parisiennes, notamment auprès des plus grandes d’entre elles