Avec 26 700 entreprises nouvelles en 2006, Paris enregistre 40% des créations de la Région Paris Ile de France et reste donc le berceau de la création d’entreprises.
Le nombre de défaillances et de cessations d’entreprises s’élevant à 13 900 sur la même année, (soit 35% des défaillances et cessations de la région), le solde reste – en valeur absolue - très positif pour la capitale.
Les activités les plus créées en 2006 sont les services aux entreprises, ce qui contribue à renforcer la spécialisation de Paris dans ces activités. Sources : Créations d’entreprises Insee APCE 2005, traitements CCIP Paris
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1 entreprise sur 2 née à Paris passe le cap des 4 ans. Ce taux de survie est légèrement supérieur à la moyenne régionale (48%).
Toutefois les écarts sont importants entre secteurs d’activité :
- les secteurs les plus fragiles sont l’industrie du textile-habillement, la construction, et aussi les services informatiques et les services aux entreprises. La part élevée de disparition reflète non seulement de plus grandes difficultés, mais également une proportion importante de TPE, et des entreprises créées « pour une durée de vie déterminée » (en particulier dans le secteur de la construction, un établissement peut être créé pour la durée d’un chantier) ;
- inversement, les entreprises qui survivent le mieux appartiennent aux secteurs de l’éducation, de la santé, de la recherche & développement, des activités récréatives et culturelles.

Le taux de pérennité des entreprises dépend également (1) :
43% des établissements parisiens en 2007 ont moins de 4 ans.
Toutefois ce renouvellement moyen cache de fortes disparités sectorielles.
Ainsi :
- La recherche développement, l’éducation-santé, les transports, les services aux personnes, le commerce et l’industrie sont des secteurs à faible taux de renouvellement ;
- Tandis que les services aux entreprises et en particulier l’informatique, le secteur de la construction connaissent un important rythme de renouvellement et comptent davantage de jeunes établissements.

Géographiquement, le renouvellement du tissu productif est plus dynamique dans les arrondissements du nord est parisien, ainsi que dans les communes proches de Paris comme Saint Denis, Aubervilliers...
Le renouvellement du tissu productif est également élevé dans les communes de la zone de la Défense, dans celles situées au sud de Paris (Boulogne Billancourt…) et dans les villes nouvelles.

Paris, qui était le 2ème département le plus dynamique en 1994 est aujourd’hui devancé par tous les départements de la Région Paris Ile de France.
Cette faiblesse du taux de renouvellement se manifeste surtout dans le centre de la capitale, notamment dans le 2ème (10.2%) et dans le 6ème arrondissement (9.3%).
Dans le domaine des services aux entreprises, les communes de la Région Paris Ile de France les plus dynamiques sont Créteil, Cergy, Asnières sur seine, Evry et Ivry sur seine.
Les analyses les plus récentes confirment cette tendance (3). La création d’entreprises en Ile de France a évolué dans le sens d’une baisse de la part de Paris au profit du reste de la région. Le taux de création se serait abaissé en 2006 à 9.4% à Paris, contre 10.7% en moyenne dans les départements de Seine Saint-Denis, Val de Marne et des Hauts de Seine, et 9.7% en moyenne pour les départements de grande couronne.
En 2006, les trois départements qui affichent les plus forts renouvellements sont la Seine Saint-Denis (12.5%), le Val d’Oise (10.8%) et le Val de Marne (10.1%). Seul le département des Yvelines (9.2%) se régénère encore moins vite que Paris intra-muros.
Ces analyses permettent de nuancer le diagnostic sur la démographie des entreprises. En prenant en compte le stock des entreprises existantes, elles relativisent les performances de Paris en termes de créations d’entreprises, même si la situation de la capitale reste encore exceptionnelle en ce domaine.

Les créations d’entreprises concernent de nombreux établissements sans salarié.
Ainsi le nombre moyen de salarié par création dans les entreprises parisiennes est de 1.1, alors qu’il atteint 1.5 en moyenne dans la région Paris-Ile de France.
Ces créations ne génèrent donc qu'un seul emploi, souvent non salarié, celui de l'entrepreneur.
Il apparaît que les retombées des créations d’entreprises en termes de créations d'emplois salariés ne sont visibles que si ces nouvelles structures prospèrent. Or le développement de l’entreprise est justement le principal motif évoqué par les chefs d’entreprises qui sortent de Paris.
Sources :Graphique, Transferts d’établissements 1994-2005, Insee, |
Le solde des transferts d’établissements est négatif à Paris, c’est-à-dire qu’il y a davantage d’entreprises qui quittent la capitale que d’entreprises qui s’y installent.De plus, les entreprises qui entrent dans la capitale ont globalement des effectifs inférieurs à celles qui quittent Paris. Ainsi, en 2006, l’effectif moyen d’une entreprise sortant de la capitale était de 21 salariés, contre 15 salariés en moyenne pour les nouveaux arrivants. |
Source : Sirene, Champs ICS. Insee. Traitements Insee |
Ces éléments conjugués se traduisent par une diminution constante de la taille moyenne des entreprises parisiennes. |

Le niveau socioprofessionnel des postes occupés dans la capitale est en constante élévation. Le nombre de cadres et de professions intellectuelles supérieures est passé de 24% en 2001 à 27% en 2005.
D’après Pierre Beckouche, « On se dirige à Paris vers un marché du travail de plus en plus sélectif avec d’un côté l’internationalisation, la spécialisation dans le commandement du système productif, l’expertise et l’intermédiation des marchés à forte composante d’emplois de cadres, et de l’autre le déclin des autres métiers sous l’effet des gains de productivité et du développement du reste de l’hexagone » (4).
Pourtant, la part des employés et celle des ouvriers sont restées constantes sur la période. De même le tableau des 10 métiers les plus recherchés à Paris recense certes des emplois hautement qualifiés, liés au « Paris international », mais aussi des emplois peu qualifiés répondant aux besoins de l’économie locale et du tourisme.

Ce sont les postes des professions intermédiaires qui ont fait l’objet des plus fortes régressions dans la capitale. Ils représentaient 27% des postes en 2001 et 25% en 2005. Parmi cette catégorie, les postes les plus touchés sont ceux des professions intermédiaires administratives, les employés administratifs des entreprises, et les agents de service de la fonction publique.
L’importance accordée aux secteurs innovants par toutes les métropoles concurrentes de Paris a été mise en lumière dans la première partie de cette étude. La course à l’innovation est un moyen de compenser le handicap des coûts élevés caractéristiques des grandes agglomérations. Participer aux mutations technologiques permet de garder un avantage de productivité.
Au-delà des créations de valeur, et d’emplois potentiels « promis » par ces secteurs, que représentent les secteurs de haute technologie aujourd’hui dans la structure parisienne ? Paris est-elle une ville technopole ?
Ces activités sont appréhendées à partir de la définition de l’OCDE (5).

Les établissements et les effectifs salariés parisiens de l’industrie de haute et de moyenne technologie, les services à forte intensité de connaissance et les services de haute technologie à forte intensité de connaissance tels que définis par l’OCDE représentent 46% des établissements et 33% des emplois de haute technologie de la Région Paris Ile de France.
Dans la capitale, 54% des établissements, 51% des créations d’établissements et 59% des effectifs salariés seraient liés aux activités de haute technologie. Paris serait donc une ville de haute technologie ? Le constat est à nuancer. En effet l’industrie ne représente qu’à peine 10% de ces entreprises, et seules les entreprises des services connaissent une augmentation du nombre d’entreprises et de salariés.
De même, les graphiques suivants sur les profils technologiques de l’industrie et des services mettent en lumière :
Cette approche par profils technologiques permet de nuancer l’analyse sur la part réelle des secteurs de haute technologie dans la structure parisienne. Il apparaît en effet que la capitale reste très marquée par l’industrie et les services « traditionnels ».

Les entreprises parisiennes affichent pour l’année 2006 un chiffre d’affaires moyen et un chiffre d’affaires moyen à l’export supérieur à la moyenne nationale, mais inférieur à la moyenne régionale (en raison notamment du nombre important de très petites entreprises dans la capitale).
L’analyse de la santé financière reflète la bonne tenue des entreprises de Paris intra muros, qui s’inscrit toutefois à un niveau inférieur en moyenne à celle des entreprises de la région. Ainsi, 65% des entreprises parisiennes affichent une bonne ou très bonne santé financière, contre 67% en moyenne en Ile de France.

L’approche par secteur d’activités met en évidence la bonne tenue des secteurs de la construction, de l’intérim, de l’éducation santé et des services aux entreprises en général.
A contrario, les dangers sont réels sur l’industrie, le commerce de détail et les services personnels. La recherche développement affiche également un taux d’entreprises en risque de défaillance important.
La répartition par activité des entreprises parisiennes illustre la place prépondérante des secteurs liés aux fonctions « métropolitaines » de Paris. Il s’agit des services aux entreprises (services professionnels, informatique…), de l’immobilier et des finances.
Ces activités de cœur de métropole mondiale représentent 39% des entreprises parisiennes. Paris se distingue notamment en accueillant deux fois plus d’établissements des secteurs de l’immobilier, et des services aux entreprises que dans la moyenne nationale.
Rappelons que si les activités métropolitaines enregistrent globalement des pertes d’emplois sur la période 2000-2005, leur part en nombre d’établissements dans le tissu parisien est en constante augmentation : elle atteignait ainsi 35% en 2000.
Le graphique et le tableau suivants illustrent la forte capacité de ces secteurs à générer de la valeur ajoutée. De même ces trois secteurs ont-ils connu les plus importantes croissances de valeur ajoutée au cours des cinq dernières années.


Les activités de proximité au sens large, « l’économie locale » avec les hôtels cafés restaurants, le commerce de détail, les services aux personnes, les associations, l’administration publique, l’enseignement santé action sociale et les services récréatifs et culturels représentent 43% des entreprises parisiennes.
Si la part de ce type d’entreprises était de 41% en 2000, notons que seul le nombre d’associations et de services culturels est en augmentation.
Ces dernières activités se caractérisent par une faible création de valeur ajoutée, sauf pour l’éducation santé. De même l’évolution de la valeur ajoutée sur la période 2000-2005 n’est guère importante.
Les activités industrielles, la construction, les transports et le commerce de gros représentent enfin 19% des entreprises parisiennes. Ces secteurs sont globalement sous représentées dans la capitale (sauf l’industrie des biens de consommation), et plutôt en décroissance. Ils représentaient 23% du tissu économique en 2000.
Le secteur industriel, et en particulier l’industrie des biens de consommation, sont fortement créateurs de valeur ajoutée, même si cette valeur ajoutée s’est peu élevée sur la période 2000-2006. Le maintien d’un tissu industriel dans la capitale est donc aussi un enjeu de création de richesse.
Les secteurs innovants ont une forte capacité à créer de la valeur ajoutée, mais leur capacité à créer des volumes importants d’emplois dans la capitale n’est pas certaine. Le soutien aux activités de très hautes technologies relève donc d’abord de la nécessité de renforcer le positionnement du Grand Paris sur des filières d’excellence, les retombées en termes d’emplois étant surtout indirectes.
En 2006, le montant de la taxe professionnelle représente 46% des recettes fiscales de la Ville de Paris.
Alors que le nombre d’entreprises est toujours croissant dans la capitale, sur des activités créatrices de valeur ajoutée, ce taux est en décroissance, du fait notamment des réformes de la taxe professionnelle intervenues ces dernières années. La taxe professionnelle représentait ainsi plus de 50% des recettes de Paris en 2002.
Une segmentation fine, selon l’activité économique et la localisation des entreprises parisiennes, vient confirmer le manque de lien entre l’activité économique et la base d’imposition. En effet, le secteur des services aux entreprises (premier contributeur à Paris de la base d’imposition) qui représente par ailleurs 29% des établissements et des emplois à Paris avec une forte contribution de valeur ajoutée, a vu sa base baisser de 3% alors que dans ce secteur le nombre d’établissements progressait à Paris de 4% et que le nombre d’emplois ne baissait que de 0,9%.
Inversement, bien que la part du secteur des transports soit de 23%, en progression sur un an, celui-ci ne représente que 2% des établissements et 3% des emplois à Paris, avec une évolution négative de l’emploi et du nombre d’établissements. Le graphique suivant illustre la contribution des secteurs d’activité au produit de la taxe professionnelle parisienne, et en particulier la contribution très importante des activités de transports.

Les établissements contribuant fortement à la base sont géographiquement concentrés. Les 8ème, 9ème, 12ème, 14ème et 15ème arrondissements regroupent ainsi 57% de la base. Le 8ème arrondissement contribue fortement à la fois à la base imposable de la taxe professionnelle et au dynamisme économique parisien. En revanche, les parts des 12ème et 14ème arrondissements sont nettement plus importantes dans la base imposable que dans le nombre total d’établissements implantés à Paris. Leur forte contribution provient de l’implantation dans ces arrondissements de la SNCF (gares) et de la RATP. Ces deux entreprises, par leurs fortes immobilisations, sont très contributives.
Enfin, il faut rappeler que le taux moyen d’imposition observé à Paris (18,8% en 2004) est parmi les plus bas de la région, les taux par commune s’échelonnant de 12,7% à 46,8%.
La place économique de Paris reste forte (avec plus de 2 millions d’habitants, 291 000 établissements et 1 650 000 emplois) et son tissu économique marqué par des spécificités positives fortes : - Paris reste pour les entreprises un très bon environnement pour naître et pour se développer les premières années.
Vouloir rester dans les premiers rangs dans la concurrence mondiale nécessite de mettre en œuvre une stratégie de développement économique forte et équilibrée entre les moyens à affecter aux secteurs dominants, émergents et traditionnels. Celle-ci pourrait s’orienter autour de trois axes à l’image de ce que nous proposons de nommer le « trépied de l’économie de Paris ». Cette stratégie pourrait s’intégrer dans un « scénario » (6) de « Paris Grande Métropole européenne », c'est-à-dire : - une capitale ouverte sur sa région et sur le monde, avec une base économique diversifiée, et maintenant une mixité urbaine globale ; - une capitale internationale sachant maintenir un équilibre social et générationnel, avec un nombre d’emplois qui ne baisserait plus, voire augmenterait à nouveau ; - le maintien d’une population équilibrée, garante d’un tissu de services de proximité ; - le développement d’activités ouvertes à l’international et une montée en gamme pour le tourisme.
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