Le diagnostic « L’économie parisienne face à son avenir » réalisé en 2002 par la CCIP Paris avait mis en lumière plusieurs caractéristiques de l’économie dans la capitale :
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La capitale enregistre ainsi une perte de 62 000 emplois salariés privés entre 2000 et 2006, tandis le nombre d’emplois augmentait dans la région et au niveau national.
Les autres composants de l’emploi total parisien, l’emploi public et l’emploi non salarié, ne connaissent pas de telles évolutions.
En effet, le secteur public, et en particulier la fonction publique territoriale et hospitalière, a enregistré quant à lui une augmentation légère mais continue de l’emploi. Les effectifs ont augmenté dans la fonction publique d’état de 2% entre 2002 et 2005. (+2% en Ile-de-France et 1,3% en province), de 3,1% dans la fonction publique hospitalière et de 2,6% dans la fonction publique territoriale.
Cette hausse relative de l’emploi public est intervenue alors même que des délocalisations importantes de services publics ont affecté Paris ces quinze dernières années : le Ministère de l’Equipement a ainsi regroupé une grande partie de ses services à la Grande Arche de la Défense, le Centre d’Etude et de Recherche sur les Qualifications, CEREQ, s’est délocalisé à Marseille. Des grandes écoles ont aussi quitté Paris, citons l’Ecole Nationale d’Administration, pour Strasbourg, l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées pour Marne la Vallée, l’Ecole Nationale de Police de Paris pour Noisy le Grand, l’Ecole Nationale de Statistiques et de l’Analyse de l’Information, l’ENSAI, pour Rennes… (1)
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C’est donc bien l’emploi salarié privé qui est à l’origine de la baisse de l’emploi dans la capitale sur la période 2000-2005.
Sur la période 2000-2006, l’emploi à Paris a connu tout d’abord un redressement (augmentation de l’emploi dès 1998, liée en particulier à l’essor des nouvelles technologies (Internet, téléphonie…)
Depuis 2002, l’emploi a subi une nouvelle baisse imputable à une nouvelle dégradation du contexte économique général (chute du NASDAQ, attentats du 11 septembre…). Contrairement aux évolutions précédentes, cette dernière phase affecte quasiment tous les secteurs d’activités, y compris les activités spécifiques à la capitale. Une légère remontée de l’emploi est observée en 2006 qui semble se poursuivre en 2007 selon les premières estimations.
Notons ainsi sur la période 2000-2006, des baisses sensibles à Paris pour les activités suivantes :
Activités financières, – 21 160 emplois salariés
Confection, – 9 670 emplois salariés
Edition et imprimerie, – 7 430 emplois salariés…
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Les analyses de conjoncture les plus récentes révèlent que l’amélioration de l’évolution de l’emploi observée en 2006 s’est poursuivie en 2007, à Paris, comme en région, et au niveau national mais néanmoins de façon moins importante. Cette tendance favorable, dont les données statistiques pour l’emploi ne sont encore que des estimations provisoires, ne doit toutefois pas cacher les tendances de fond à la baisse voire à la stabilité qui semblent structurelles à Paris.
Mais si l’évolution de l’emploi à Paris est globalement mal orientée, l’économie parisienne dans son ensemble est-elle en crise ?
L’analyse de l’évolution de l’emploi apparaît de moins en moins comme un indicateur suffisant à lui seul pour mesurer le dynamisme économique du territoire. En effet, à Paris comme ailleurs en France, le lien est de plus en plus distendu entre l’évolution de l’emploi et d’autres éléments de mesure de l’activité économique.
Il n’y a ainsi pas de liaisons directes entre :
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Ce phénomène est également observable à l’échelle régionale. Le PIB par personne employée n’a cessé d’augmenter en région Paris Ile de France durant la période 1990-2002, tandis que le niveau d’emploi a plutôt stagné sur la période. Avec moins d’emploi total, et notamment moins d’emplois peu qualifiés, la région Paris Ile de France a produit plus de richesses en 2002 qu’en 1990.
La croissance économique du cœur d’agglomération reste donc forte, de plus en plus productive, cependant elle s’appauvrit en création d’emplois, excepté en emplois très qualifiés.
Une part de l’évolution baissière de l’emploi s’explique par les mutations économiques à l’œuvre aussi bien à Paris que dans le reste de la France. Sont ainsi en cause les phénomènes de fusions-acquisitions, de délocalisations ou d’externalisation des tâches ne constituant pas les cœurs de métiers. La production et l’assemblage, suivis de la distribution et de la logistique, ont été les principales activités externalisées ou délocalisées… suivies par d’autres services, comme les services informatiques, voire la R&D.
Un second effet réside dans la recherche de réduction des coûts salariaux et immobiliers qui poussent aussi les entreprises à avoir recours au transfert d’une partie de leurs activités ou au développement d’une partie de leurs fonctions, en banlieue, en province ou à l’étranger.
A cette quête de coûts plus modérés répond un marché immobilier dynamique qui fait émerger de nouveaux quartiers, de nouvelles zones de développement, et d’opportunités en proche et grande couronne.
Evolution du parc de bureaux de 1980 à 2009 (prospective) |
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Sources : « développement économique et emploi, éléments de diagnostics pour la Conférence Métropolitaine », APUR 2007 |
Le desserrement de l’emploi et le développement de parcs de bureaux « extra-muros », tout comme l’évolution de la localisation des entreprises, illustrent une nouvelle structuration de l’espace économique, un « Paris élargi » ou un « Grand Paris ».
Les cartes suivantes présentent la localisation et l’évolution de la localisation de quelques filières stratégiques de ce « Grand Paris ».

L’évolution de l’emploi, comme les dynamiques des territoires dans l’accueil des entreprises mettent en lumière l’élargissement du centre économique, et la réorganisation spatiale des activités.
Cette nouvelle géographie économique est aussi la résultante d’une tendance spontanée des entreprises d’un même secteur, d’une même filière, à se regrouper pour se développer. L’élargissement du centre économique au-delà de Paris intra-muros se traduit donc par :
Paris, la ville-centre de cette réorganisation spatiale, continue à jouer un rôle majeur. La carte suivante représente le poids toujours prédominant du tissu économique parisien. La densité appelant la densité, c’est souvent du cœur du « Grand Paris » que les filières se développent et se répandent sur les territoires les plus proches.
Localisation du tissu économique et évolution de la localisation 2003-2007 |
Sources : Sirene 80, 2003 et 2007, Insee. Traitements CCIP Paris |
De même, les têtes de groupe et sièges sociaux d’entreprises localisées à Paris exercent une influence très importante sur les salariés franciliens. En effet, ils « contrôlent » deux fois plus de salariés en dehors de la capitale que de salariés intra-muros.
Les entreprises du CAC 40, dont 23 ont leur sièges sociaux à Paris, illustrent bien le phénomène. Ainsi :